ARTISTE Collection: Fabien Ballif
FABIEN BALLIF
Artiste peintre suisse
Huiles – Temperas – Acryliques
Fabien Ballif développe une œuvre consacrée au paysage, à la perception et à la relation intime entre l’être humain et son environnement. Sa peinture évolue entre figuration et semi-figuration, portée par une recherche exigeante sur la matière, la lumière, la profondeur et le temps du regard.
Ses lacs silencieux, ses montagnes, ses forêts et ses architectures isolées composent des territoires intérieurs autant que des espaces naturels. Ils invitent à ralentir, à contempler et à retrouver une présence sensible au monde.
Biographie
Né le 6 juillet 1971 au Sentier, dans la Vallée de Joux, Fabien Ballif vit à Ferreyres et travaille dans son atelier à Cossonay, dans le canton de Vaud.
Le dessin accompagne son enfance. À seize ans, il obtient un premier prix au collège secondaire. Cette disposition artistique s’inscrit dans une histoire familiale : son père possède lui aussi une aptitude particulière pour le dessin, tandis que son grand-père pratique régulièrement la peinture en amateur.
Sa jeunesse est également marquée par le sport de haut niveau. Il pratique le saut à skis et le ski de fond jusqu’en 1992. Après une première activité comme employé de commerce, il réoriente son parcours en 1998 et se forme au métier de comédien professionnel. Il exerce cette profession durant plus de dix ans, jusqu’en 2009.
Cette expérience de la scène développe chez lui une conscience particulière de la présence, de l’espace, du silence et de la tension intérieure. À la fin de l’année 2009, il revient pleinement à la création picturale. La même année, il obtient un diplôme de massothérapeute et poursuit depuis lors une pratique liée au soin parallèlement à son activité artistique.
Artiste autodidacte, Fabien Ballif construit sa formation par une fréquentation constante des musées, des expositions et des galeries, ainsi que par les échanges avec d’autres artistes. Entre 2010 et 2012, il explore successivement le pastel, le crayon, le collage et l’acrylique. Cette période lui permet de préciser son langage et d’identifier les formes les plus justes pour transmettre sa sensibilité.
L’œuvre de Gerhard Richter joue alors un rôle important dans ses recherches. Fabien Ballif développe une pratique de l’acrylique adaptée à un geste rapide, instinctif et construit. Il présente sa première exposition en 2012 à la Galerie Nelly L’Eplattenier, à Lausanne.
Son parcours évolue ensuite vers une maîtrise plus approfondie de la matière. En 2019, il se forme à la peinture à l’huile auprès de l’artiste chilien Rafael Barria. En 2020, Barbara Bonvin l’initie à la tempera, technique traditionnelle de peinture à l’œuf. Il commence alors à produire ses propres pigments minéraux et à construire ses châssis en bois.
Depuis 2012, Fabien Ballif a participé à une soixantaine d’expositions, dont plus d’une trentaine d’expositions personnelles, principalement en Suisse romande. Plus de deux cents œuvres ont rejoint des collections publiques et privées en Suisse, en France, en Belgique, en Pologne, au Canada, au Mexique et en Australie.
Démarche artistique
De la matière au paysage
Depuis ses premières recherches approfondies à l’acrylique en 2012, Fabien Ballif place la terre, la nature et les éléments au cœur de son travail. Ses œuvres traduisent une sensibilité aux formes visibles du paysage, ainsi qu’aux forces plus discrètes qui le traversent : la lumière, les vibrations de la matière, la mémoire des lieux et les mouvements de la perception.
Son parcours pictural s’est développé entre abstraction, semi-figuration et figuration. Chaque évolution correspond à une nécessité intérieure et à une recherche technique précise.
La découverte de la tempera et des pigments minéraux en 2020 ouvre une étape déterminante. Fabien Ballif apprend à transformer certaines pierres en pigments et élabore une gamme de couleurs singulière. Ces matières lui permettent d’obtenir des tonalités, des transparences et des profondeurs difficilement reproductibles avec des couleurs industrielles.
Cette attention portée à la matière se prolonge dans la fabrication de ses supports. L’artiste construit lui-même ses châssis et adapte leurs proportions à chaque œuvre. Pour les créations sur papier, il découpe également ses supports selon les dimensions recherchées. Le tableau commence ainsi bien avant l’apparition de l’image : il prend forme dès le choix de la matière, de l’échelle et de la structure.
Après avoir réalisé plus de cent quarante œuvres à la tempera, Fabien Ballif revient au début de l’année 2023 vers la peinture à l’huile. Il développe depuis lors un ensemble de paysages figuratifs et semi-figuratifs construits à partir de fonds longuement élaborés.
Une peinture construite dans la durée
La lenteur occupe une place essentielle dans sa méthode.
Les premières couches déterminent la profondeur du tableau. Les glacis, les superpositions et les transparences créent ensuite des effets de lumière, de brume, de vibration ou d’éloignement. Le fond demeure parfois perceptible sous l’image finale et donne au paysage une présence instable, comme si celui-ci émergeait progressivement de la matière.
Dans ses œuvres semi-figuratives, les formes se simplifient. Les montagnes, les lacs et les lignes d’horizon deviennent des masses chromatiques, des rythmes et des passages lumineux. L’image conserve une relation au réel tout en ouvrant un espace d’interprétation.
Cette peinture sollicite directement la sensation. Elle invite le regardeur à prendre le temps de voir, à laisser les impressions se former et à éprouver la peinture avant de chercher à l’expliquer.
Le paysage comme espace intérieur
La création figurative de Fabien Ballif développe une relation étroite entre l’être humain, l’architecture et la nature.
Les paysages sont souvent habités par une maison isolée, une petite embarcation ou une présence humaine à peine perceptible. Ces éléments introduisent une échelle dans l’immensité du territoire. Ils évoquent le foyer, la protection, la mémoire et la recherche d’un équilibre avec le monde naturel.
La maison constitue l’un des motifs centraux de cette œuvre. Elle apparaît comme un lieu de stabilité au milieu d’un environnement vaste. Sa fragilité apparente face aux montagnes, aux forêts ou aux étendues d’eau rappelle la juste place de l’être humain dans le paysage.
Les reflets prolongent cette réflexion. La maison, la montagne ou le ciel trouvent dans l’eau une seconde existence. Le paysage se dédouble entre présence matérielle et image mouvante, entre permanence et transformation.
Le tableau devient alors un espace où le monde extérieur rencontre la vie intérieure. Il met en relation ce qui nous abrite, ce qui nous dépasse et la manière dont nous construisons notre propre perception.
Une œuvre laissée ouverte
Depuis 2020, Fabien Ballif choisit de ne plus attribuer de titres à ses peintures. Seule leur date d’achèvement permet de les situer dans son parcours.
Cette décision conserve à chaque tableau son ouverture. Le titre ne fixe aucune interprétation et n’impose aucun récit. Le regardeur entre librement dans l’œuvre, selon sa mémoire, son expérience et sa sensibilité.
Cette liberté donnée au public constitue un prolongement direct de sa démarche. La peinture devient un lieu de rencontre, où chacun peut établir une relation personnelle avec l’image.
Regard critique
Une invitation au silence et à la contemplation
D’après le texte de Marianne Piguet-Aubert
Master en français, philosophie et histoire de l’art
Dans son étude consacrée aux huiles réalisées par Fabien Ballif durant la période 2024–2025, Marianne Piguet-Aubert situe son travail dans le contexte d’un monde saturé d’images numériques immédiates et rapidement consommées.
Face à cette accélération visuelle, la peinture de Fabien Ballif introduit une autre temporalité. Elle demande du temps pour être élaborée et du temps pour être regardée. Les nombreuses couches de fond, les glacis successifs et les effets de vibration transforment le paysage en expérience de contemplation.
Selon Marianne Piguet-Aubert, les œuvres imposent dès le premier regard une forme particulière de silence. Leur densité ralentit la perception et conduit le spectateur à dépasser la simple reconnaissance d’un lac, d’une montagne ou d’une maison.
La maison et la place de l’être humain
La maison solitaire constitue l’un des motifs les plus significatifs de cette peinture.
Inscrite dans un environnement naturel grandiose, elle représente un ancrage humain. Elle évoque le refuge, la sécurité et la permanence du foyer. Sa petite dimension face aux montagnes, aux forêts et aux étendues d’eau traduit également la vulnérabilité de l’être humain.
Cette disproportion donne aux œuvres leur portée philosophique. L’architecture rappelle la présence humaine tout en rétablissant son échelle au sein d’un monde qui la dépasse.
Marianne Piguet-Aubert y voit une réflexion sur l’humilité et sur la place de l’humanité dans le cosmos. La maison résiste, protège et demeure. Elle révèle en même temps ses propres limites.
Le reflet et le dédoublement du réel
Lorsque les maisons ou les paysages se reflètent dans l’eau, l’image acquiert une nouvelle profondeur.
Le reflet met en présence une forme stable et son double mouvant. La maison et la montagne appartiennent au monde tangible. Leur image dans l’eau dépend de la lumière, du mouvement et de la surface.
Ce dispositif dépasse largement la recherche décorative. Il introduit une méditation sur la réalité et son apparence, sur ce qui demeure et ce qui se transforme, sur la manière dont notre regard construit le monde.
La référence au mythe de Narcisse évoquée par Marianne Piguet-Aubert renforce cette dimension. Le reflet devient un seuil entre l’observation du monde et l’examen de soi.
Un romantisme contemporain
Marianne Piguet-Aubert inscrit également le travail de Fabien Ballif dans la continuité du paysage romantique, en particulier dans la tradition associée à Caspar David Friedrich.
Cette filiation apparaît dans le rapport entre la petitesse humaine et l’immensité de la nature, ainsi que dans la capacité du paysage à susciter une expérience intérieure.
Chez Fabien Ballif, cette relation prend une forme contemporaine. La nature ne se présente pas comme une force spectaculaire ou menaçante. Elle crée un espace de méditation où la conscience humaine mesure ses propres limites.
Le sentiment du sublime prend ici une tonalité contenue. La grandeur du paysage conduit à une sagesse du regard, à une perception plus juste de notre présence au monde.
Deux langages, une même recherche
La critique souligne la complémentarité entre les œuvres figuratives et semi-figuratives.
La figuration maintient une relation directe avec le paysage identifiable. Elle permet au spectateur d’entrer dans l’œuvre à travers des formes familières : la maison, la montagne, le lac, la forêt ou l’horizon.
La semi-figuration réduit progressivement ces éléments à leur structure essentielle. Les formes deviennent des bandes horizontales, des surfaces colorées et des vibrations de matière. La sensation prend alors le relais de la description.
Ces deux approches poursuivent une même intention : construire un espace visuel où le regard peut ralentir et retrouver sa capacité de contemplation.
La peinture comme refuge
La portée du travail de Fabien Ballif réside dans cette articulation entre maîtrise technique, présence matérielle et profondeur symbolique.
Ses paysages proposent une expérience du temps. Ils créent un espace de retrait au sein d’un environnement visuel marqué par la rapidité et la dispersion.
L’absence de titre renforce cette disponibilité. L’artiste laisse chaque spectateur établir son propre lien avec l’œuvre. Le tableau devient un territoire ouvert, capable d’accueillir des souvenirs, des sensations et des interprétations différentes.
Marianne Piguet-Aubert présente ainsi les peintures de Fabien Ballif comme des refuges contemplatifs. Elles engagent une relation active avec le regardeur et l’invitent à transformer sa manière de percevoir le monde.
Repères artistiques
Paysage contemporain
Silence
Contemplation
Refuge
Présence
Mémoire
Reflet
Lumière
Profondeur
Nature
Architecture
Figuration
Semi-figuration
Peinture à l’huile
Tempera
Pigments minéraux
Châssis construits par l’artiste
Parcours artistique
Depuis sa première exposition en 2012, Fabien Ballif développe un parcours régulier dans les galeries, les espaces culturels, les fondations et les institutions de Suisse romande.
Son travail a donné lieu à une trentaine d’expositions personnelles et à de nombreuses participations collectives. De 2015 à 2022, il a également été membre de Riv’Art, collectif d’artistes basé à Nyon.
Expositions personnelles — sélection
2026
À titrer — Galerie de la Tour Lombarde, Saint-Séverin, Valais
2025
Territoires sensibles — Atelier et Galerie du Carolin, Syens
Havres — Hôpital d’Yverdon, Yverdon-les-Bains
2024
Au-delà des apparences — La Grange de Nane, La Chaux-Cossonay
Énigmes — Hôpital de Chamblon
2023
Silences — La Table de Mary, Cheseaux-Noréaz
Atmosphères — Fondation Rive-Neuve, Blonay
2022
Immersions — Galerie Le Bunker, Sainte-Croix
2021
Baumes — Galerie François Fontaine, Satigny
2020
Aeternum — Le Castel de Bois Genoud, Crissier
2019
Paysages, impressions — Galerie La Chaumière, Montricher
Sans titre — Galerie de L’Essor, Le Sentier
2018
Sans titre — Galerie Tour de Diesse, Neuchâtel
Terrestres — Château de L’Isle
2017
Cantus Terrae — Galerie Le Bunker, Sainte-Croix
Natures primaires — Galerie La Chaumière, Montricher
2016
Stand up for the Light — Galerie Zwahlen, Orbe
Métamorphoses — La Crypte du Musée, Saint-Père, France
Horizons / Untouched — Clinique La Lignière, Gland
2015
Voyages, voyages… — Galerie de L’Essor, Le Sentier
Perspectives — CIP, Tramelan
2014
Sans titre — Clinique La Lignière, Gland
Another World — ELA Art Space, EPFL, Lausanne
2013
Sans titre — Car’Art, Crissier
Expositions collectives — sélection
2026
Balthazar Festival — Château de La Sarraz
Lausanne Art Fair — Galerie Ches’Art
2023
Lausanne Art Fair — Galerie Artastasia
À la croisée des chemins — Galerie Atelier Ches’Art, Cheseaux-Noréaz
2022
Art’Gland — Espace culturel de Grand-Champ, Gland
Fières Amazones — Galerie Atelier Ches’Art
Exposition Riv’Art — Galerie Murandaz, Nyon
Espace culturel Bleu de Chine, Fleurier
2020
Nuances et différences — Grange de la Dîme, Romainmôtier
2019
Petits formats, grande émotion — Galerie François Fontaine, Satigny
Exposition Riv’Art — La Colombière, Nyon
2018
L’Art en Fête — Galerie de Poche, Tannay
Exposition Riv’Art — La Colombière, Nyon
Art’Gland — Espace culturel de Grand-Champ, Gland
2017
Entre Ciel et Terre — Riv’Art, La Grenette, Nyon
2016
Métamorphoses — Atelier-Galerie ARVA, Vevey
Exposition Riv’Art — La Colombière, Nyon
2015
Freedom — Galerie Arcane, Corcelles
Exposition Riv’Art — La Colombière, Nyon
2014
Salon d’été — Place Suisse des Arts, Lausanne
Hiver 14 — Place Suisse des Arts, Lausanne
2013
Paysage 13 — Place Suisse des Arts, Lausanne
Salon d’été — Place Suisse des Arts, Lausanne
Galerie En Beauregard, Montreux
2012
Galerie Nelly L’Eplattenier, Lausanne
Formations artistiques
2020
Pigments minéraux et tempera auprès de Barbara Bonvin, Romainmôtier
2019
Peinture à l’huile auprès de Rafael Barria, Premier
Ces formations accompagnent une pratique largement autodidacte, construite par l’expérimentation, les rencontres artistiques et une recherche personnelle continue.
Collections publiques
Les œuvres de Fabien Ballif figurent notamment dans les collections de :
- EPFL, Lausanne
- Microcity – EPFL, Neuchâtel
- CSEM, Neuchâtel
- Clinique La Lignière, Gland
Collections privées
Plus de deux cents œuvres de Fabien Ballif ont rejoint des collections publiques et privées situées en :
- Suisse
- France
- Belgique
- Pologne
- Canada
- Mexique
- Australie
Cette diffusion internationale témoigne de la capacité de son œuvre à établir une relation durable avec des publics issus de contextes culturels différents.
Presse — sélection
Le travail de Fabien Ballif a fait l’objet de publications et de présentations dans plusieurs médias régionaux et culturels :
- Journal de Cossonay
- La Région – Nord Vaudois
- Journal de Sainte-Croix
- Courrier du Val-de-Travers
- Feuille d’Avis de la Vallée de Joux
- L’Omnibus
- L’Avallonnais
- Journal du Jura
- La Semaine
- Le Quotidien jurassien
- FLASH EPFL
Concours et référencement
Luxembourg Art Prize
Participation en 2016 et en 2019
Référencement professionnel
Artprice
-
huilefigurative34-27.05. | Ballif Fabien
Prix habituel CHF 1,250.00Prix habituelPrix unitaire / parPrix promotionnel CHF 1,250.00 -
huilefigurative29-25.04.| Ballif Fabien
Prix habituel CHF 1,250.00Prix habituelPrix unitaire / parPrix promotionnel CHF 1,250.00 -
huilefigurative40.0-23.12.25. | Ballif Fabien
Prix habituel CHF 1,250.00Prix habituelPrix unitaire / parPrix promotionnel CHF 1,250.00 -
huilefigurative46-23.01. | Ballif Fabien
Prix habituel CHF 1,250.00Prix habituelPrix unitaire / parPrix promotionnel CHF 1,250.00 -
huilefigurative39-20.12. | Ballif Fabien
Prix habituel CHF 1,250.00Prix habituelPrix unitaire / parPrix promotionnel CHF 1,250.00